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17 janvier : se souvenir ne suffit plus, il faut comprendre
Le 17 janvier n’est pas une date ordinaire en République démocratique du Congo. C’est un miroir que l’Histoire nous tend chaque année. Un miroir parfois inconfortable, mais nécessaire.
Le 17 janvier 1961, Patrice Emery Lumumba est assassiné. Premier Premier ministre du Congo indépendant, il portait une vision claire : un pays libre, souverain, debout, maître de ses choix et de ses richesses. Son élimination n’a pas seulement fait taire un homme, elle a tenté d’étouffer une conscience nationale en construction.Le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila tombe à son tour. Président issu d’une rébellion, il promettait de rompre avec l’ordre ancien et de redonner sa dignité à l’État congolais. Sa mort brutale rappelle, une fois de plus, que le pouvoir sans institutions solides reste vulnérable, et que les transitions mal maîtrisées se paient cher.
Deux hommes. Deux époques. Un même message : un pays sans mémoire critique est condamné à répéter ses drames.Commémorer le 17 janvier ne doit pas se limiter à des dépôts de gerbes et à des discours bien repassés. Cette date doit nous pousser à nous interroger :– Pourquoi nos leaders continuent-ils de mourir dans la violence ?
– Pourquoi l’État reste-t-il fragile malgré tant de sacrifices ?– Pourquoi l’intérêt national cède-t-il encore trop souvent face aux intérêts personnels ou étrangers ?
Le 17 janvier est un appel à la responsabilité collective. Aux dirigeants, pour gouverner avec vision et courage. À la jeunesse, pour refuser l’oubli et l’indifférence. Aux citoyens, pour comprendre que l’avenir du Congo ne se construira ni dans le silence ni dans l’amnésie.
Se souvenir, oui.Mais comprendre, transmettre et agir, c’est encore mieux.Car honorer Lumumba et Kabila, ce n’est pas seulement citer leurs noms.C’est refuser que leur destin devienne la norme.
Merveille Ngalula

